Marion Savouret, l'âme des "Corps musées" de Pierre Gaffié.
Elle est connue aujourd'hui sous le surnom "Punky Von Bacalhau" (dans 50 ans, des linguistes se pencheront sur les sens possibles de ce nom d'artiste), Marion Savouret est tatoueuse. Elle trouve son inspiration dans les autres arts (un livre sur le cinéaste Guillermo del Toro trône sur les étagères de son salon Rouennais...) mais nul doute que sa principale source créative vient d'elle-même. Personnalité singulière, d'un art de la synthèse qui confine à la perfection (vous aurez du mal à enlever un mot d'une phrase qu'elle prononce, chez elle pas de superflu), elle effectue un travail de précision sur le corps des gens. "Gens", un mot qui sonne mal puisqu'il s'agit de personnes qui entrent chez Marion pour changer leur personnalité par la grâce d'un tatouage.

Pierre lui a proposé de réaliser un documentaire sur son quotidien de tatoueuse et son rapport aux autres, à l'art et à la déontologie. Aujourd'hui, à l'heure de la transparence totale, et souvent indécente, de la numérisation, nos corps sont encore un espace de liberté. "Ceci est mon corps" pour reprendre une parole biblique.
"Nos corps musées" met en scène Marion qui raconte son parcours (elle est aujourd'hui tatoueuse ET cheffe d'entreprise), d'abord seule à l'image puis accompagnée de Delphine, l'une de ses fidèles clientes, qui raconte sans fard l'histoire de ses tatoos, ceux qui restent, ceux qu'elle a voulu enlever. En fin de film, Marion détaille l'arsenal de ses outils, prolongement de ses mains.






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