
Sarah Bertholon
Comédienne
Pierre Gaffié : la rencontre avec Sarah eut lieu lors d'un casting, organisé par mon assistante. Ce qui est drôle, c'est que j'ai appris par la suite qu'elle n'avait pas été fan de sa prestation. Quoiqu'il en soit, en amont de la préparation de "Constance", nous avons fait connaissance et j'ai frappé par son intérêt pour l'art-thérapie, l'ésotérisme, domaines importants pour moi. Finalement, il faut le savoir, le choix d'un comédien peut se faire sur des paramètres bien autres que la simple adéquation avec un personnage. "Constance" a été fait "à l'arrache" et pour la séquence du parking (la seule dialoguée du film), la police nous a même arrêtés ! Je garde de Sarah l'image d'une actrice "slapstick", qui sait très bien jouer de ses mouvements, intérieurs ou extérieurs. D'ailleurs, à la base, le film était prévu pour être 100% muet. J'ai un faible pour la séquence d'ivresse (filmée dans mon propre appartement !), qui m'a un peu décomplexé sur ma manière de filmer. Cela m'a marqué de demander à Sarah d'aller chercher assez loin finalement (dans la séquence elle s'embrasse elle-même sur un miroir...). Sarah peut être très directe et en même temps envoyer une mélancolie assez troublante. Par la suite, Sarah nous a dit qu'elle avait fait son Top 7 des comédiens du film qui embrassaient le mieux. J'ai les résultats, mais... chuuuut !
Quel est votre parcours ?
Je me définis comme une comédienne qui chante et qui danse. J'ai notamment travaillé avec Romeo Castellucci et je fais partie depuis peu de la compagnie du Sans souci. Le spectacle Album de famille, spectacle chanté à deux guitares et composé de quatre comédiens nous permet de tourner à raison d'environ vingt dates par an. Je me développe également à travers le doublage et la voix-off ainsi qu'au travers du prisme de la caméra. J'affectionne autant le plateau du spectacle vivant que celui des tournages et je continue à rechercher ce qui constitue mon essence en tant qu'artiste.
Pouvez-vous me parler de votre travail main dans la main avec Pierre Gaffié pour "Constance ou la symphonie des baisers" ?
Dès notre rencontre, la relation avec Pierre Gaffié a été teintée "d'espièglerie" et aujourd'hui, c'est une relation de confiance avec beaucoup d'humour. Les propositions pendant le tournage venaient pour cette raison des deux côtés. Il y a un côté "génie" chez Pierre, ce qui rend le travail avec lui agréable.
Comment avez-vous abordé et préparé ce rôle ?
Bien sûr, il y a les actes et le scénario, mais il y avait une importante place pour l'improvisation. Pierre sait où il veut aller mais il est possible d'approfondir ensemble le scénario. Au moment du tournage, c'était très particulier : les séquences pour les baisers sont tournées le même jour donc la transition entre les scènes pouvait être étrange. Si j'avais déjà rencontré certains partenaires, d'autres étaient inconnus et nous avons dû nous rencontrer très vite sur le plateau. La situation pouvait paraître incongrue mais c'est là qu'on se rend compte a quel point la complicité fait office de troisième élément dans la relation et que le jeu nous relie dans une autre réalité.
Quels seraient vos trois films préférés ?
Pour n'en citer que trois, ce serait "Rashōmon" de Kurosawa, "The Fountain" d'Aronofsky et enfin "La belle verte" de Coline Serreau.

