Vous jouez la chauffeuse de Taxi dans « la nuit se lève ». Comment définiriez-vous le rôle de ce personnage dans le film ?

Cette femme est une jeune maman qui avait commencé à travailler comme chauffeuse de Taxi le soir pour arrondir ses fins de mois et qui a très vite pris goût à l’autonomie et à la flexibilité de ce métier. Conduire lui permet de canaliser ses pensées et discuter avec les passagers la nourrit socialement parlant. Elle apprécie que les discussions qu’elle entretien avec ses clients soient brèves, le temps d’un trajet, car elle a un côté très solitaire et apprécie le calme. Elle est curieuse et a beaucoup d’humour. Elle aime sincèrement les gens, d’ailleurs elle s’attache vite et c’est pour cela qu’elle se met souvent en retrait.

 

 

Quels souvenirs gardez-vous du tournage ?

Ce tournage a été une belle rencontre avec Pierre et aussi Marilyne que j’ai beaucoup apprécié humainement et en tant qu’actrice. J’en garde un souvenir mémorable car c’était la première fois que je conduisais dans Paris, et je n’avais aucune visibilité à l’arrière car il y avait les techniciens. Je ne pouvais pas non plus voir sur ma droite car il y avait la maquilleuse, on a roulé en plein champ Élysée, je devais faire attention aux pavés pour le son et il y avait énormément de trafic. Donc ce fut assez inédit pour moi de jouer en faisant attention à tous ces points.

J’ai beaucoup aimé l’ambiance nocturne, nous sommes rentrés chez nous au petit jour, un des techniciens nous avait ramené chacun chez nous, on avait l’impression de rentrer d’une super soirée.

Pouvez-vous nous parler d’un rôle qui vous a particulièrement marqué et pourquoi ?

Lors d’un court-métrage étudiant, j’ai joué le rôle d’une femme battue. Pour cela, j’ai visionné beaucoup des témoignages de femmes battues ou sous l’emprise de manipulateur. J’ai tellement essayé de comprendre ce qu’elles pouvaient ressentir au fond d’elle que la veille du tournage, j’ai pleuré toute la nuit et je n’avais d’ailleurs pas beaucoup dormis...

Avez-vous déjà éprouvé des difficultés à vous approprier un personnage ? Si oui pourquoi ?

Oui... Lorsque j’étais en école de théâtre, je voulais jouer des rôles beaucoup trop complexes pour moi alors que j’apprenais à peine. Je cérébralisais trop le jeu et les personnages. J’ai enfin compris après que pour incarner un personnage il fallait justement tout lâcher et arrêter de mentaliser. L’appropriation d’un personnage doit se faire seule ou avec le réalisateur en amont mais jamais pendant l’action.

Si vous deviez choisir trois films que vous affectionnez particulièrement, lesquels serait-ce ?

 

La question est difficile mais si je devais en choisir trois, je dirais :

1 – Persona d’Ingmar Bergman. Pour moi, ce film est un exemple culte de performance de jeu et d’écoute.

2- Eternal Sunshine of the spotless mind de Michel Gondry si poétique et si fin dans sa morale.

3- Fisher King de Terry Gilliam. Depuis toute petite ça a toujours été un de mes films préférés, pour moi le duo Robin Williams et Jeff Bridges est un duo culte dans l’histoire du cinéma.

 

Difficile, j’aimerais en citer tant d’autres, notamment de sublimes films français mais ce sont ces trois-là qui me sont venus à l’esprit aujourd’hui.

[Interview réalisée par mail le 17 novembre 2020]

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