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entretien avec Sophie Laloy

Qu’est-ce qu’il fait qu’un jour vous vous êtes dit, je serai la réalisatrice ou en l’occurrence je serai ingénieur du son puisque tel a été votre premier métier ?

 

C’est la musique qui m’a conduit au son un peu par hasard dans le cinéma. En essayant de passer le concours de la Fémis, je suis arrivée dans le son comme ça.

Plus tard, c'est plutôt les événements de ma vie qui m’ont donnés envie de m’exprimer sur certains sujets intérieurs. Et c’est ça qui m’a donné envie de faire des films.

 

Donc ça ressemble à des ricochets ?

 

Oui, oui c’est ça, c’est vraiment un enchaînement de choses et d’autres.

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“Je te mangerais” votre premier film parle de la quête de soi et de la dualité de nos désirs, on y suit deux jeunes femmes qui évoluent dans deux univers presque contradictoires, une qui s’appelle Marie, veut devenir pianiste et vit j’allais dire tranquillement sa vie de femme, entre petits copains, sortir, et puis découverte d’une nouvelle ville ou non , l’autre Emma suit des études de médecine, elle est plus imprévisible plus opaque, tantôt généreuse presque à l’excès tantôt presque  acariâtre, alors toutes les deux vont être amenées a cohabiter, jusqu’au jour ou Emma qui est un peu plus âgée, va complètement déstabiliser Marie en lui montrant clairement qu’elle est attirée par elle, qu’elle la désire et en gros qu’elle la mangerais bien, alors c’est un résumé parmi tant d’autres, c’est en tout cas  comme ça que j’ai perçu votre film, mais ce que j’aimerai savoir pour démarrer. Savoir si il y a eu un des aspects à l’écriture qui a prédominé, entre disons le rapport de force entre  deux femmes qui vivent sous le même toit ou l’étude des désirs à l’intérieur de quelqu’un, est-ce que c’est d’abord l’individu ou est-ce que ça a été d’abord le duo ?

 

C’est intéressant... Non je pense que c’est d’abord l’individu, c’est-à-dire que j’ai vraiment eu envie de raconter ce qui se passait à l’intérieur du personnage principal de Marie qui veut faire “son”,  qui veut étudier le piano, qui veut aller vers le piano, j’avais vraiment envie de raconter comment elle peut se sentir étouffée de plus en plus par sa colocataire, c’était vraiment le point de départ de l’écriture, c’était cette sensation  d’étouffement, et ensuite vraiment  ça se passait pas forcément sans l’autre, donc après vraiment ,  j’ai vraiment eu envie de développer comment ça progressait, comment ça pouvait se basculer, basculer dans l’autre sens aussi.

Alors dans votre film on a l’impression, que  tout était preuve de force finalement, une épreuve de force envers soi-même pour le personnage qui essaye de contrôler ses pulsions homosexuelles mais aussi l’épreuve de force du personnage  qui est ramené à ses doigts ses mains puisque son but  c’est de ne pas décrocher du piano. Est- ce que cette idée d’un film qui serait toujours sur le fil du rasoir où tout peut basculer dans un sens ou dans un autre c’est quelque chose qui était présent dès le scénario comme disait Truffaut, des fois il y a  des tournages qui sont contre le scénario ou qui prennent corps. Ou est- ce que vous avez envisagé plus "paisible" ?

 

La toute première version de mon scénario que j’ai écrit toute seule était plus paisible que celle-ci mais ensuite j’ai eu envie de le développer, d’aller vers le drame, donc en écrivant on est allé de plus en plus vers le drame de traiter cette sensation douloureuse du personnage, on est allé de plus en plus vers l'oppression, c'est en ce qui concerne le rapport entre les deux et en effet il y a aussi le rapport au piano qui se fait dans la difficulté surtout au début il y a ce personnage qui arrive un peu naïve, elle est  confrontée à toutes les difficultés de la vie de tous les côtés.

Quand il s'agit d’un premier film, comment est-ce que l’on gère en tant que tacticienne la mise en scène au quotidien peut être même dans le plan de  travail quand  on filme principalement deux femmes, principalement dans le même lieu et sur un sujet aussi intense et intime que la sexualité ? Est- ce que c’est le tapis roulant qui fait  qu'à chaque jour suffit sa peine. Ou est- ce que vous aviez un "master-plan" ?

 

Il y avait un planning de tournage, puisqu’on était dans  une économie à laquelle il fallait correspondre. Après il y avait deux personnalités un peu comme dans la vie on rencontre des gens c’est plus facile avec certains que d’autres. On était trois femmes en effet et ça n'a pas fait un trio : c'était  des relations à deux. Leur histoire est difficile, on s'est retrouvées à beaucoup communiquer deux par deux. J’avais vraiment une relation avec chacune d’entre elles très différente.

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Ce qui m'a beaucoup troublé dans votre film en bien, c’est que d’une certaine manière cette bipolarisation du désir entre ces deux femmes s'accompagne aussi d’un certain rapport de classe sociale. C'est-à-dire celle qui accueille l’autre, qui rend service au niveau du logement, elle prend l’ascendant sur l’autre parce que financièrement et ça lui donne des ailes pour essayer de prendre l’ascendant sur elle sexuellement. C’était  une évidence dès le scénario ou si vous avez tourné à Quimper ça aurait été un autre film ?

 

Non c'était très important pour moi qui il est une grande différence sociale entre les deux personnages parce que dans la domination, parfois ce n’est pas forcément avec un mauvais font de mauvaise intention elle a de très bonnes intentions la propriétaire de l’appartement, elle peut lui offrir le loyer, l’aider, lui apporter le côté maternelle, elle lui veut du bien, elle la protège. Ce n’est pas ce que demande le personnage principal, elle l’envahit comme ça, à ce moment-là c’est en train de se renverser dans l’extrait que l'on vient d’entendre, on voit vraiment Emma souffrir.

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Propos recueillis par Pierre Gaffié 

Georgia italique est une police délicate et s’inspire de la calligraphie. Elle permet de mettre en valeur une petite section de texte dans un paragraphe. (avis Pierre sur rencontre)