"Brèves d'images" à Quint-Fonsegrives : un festival à suivre de près...

May 5, 2019

Depuis 2012, j'ai l'honneur d'être le parrain d'un festival dédiés à l'art visuel des enfants et des adolescents : "Brèves d'images". Au milieu du mois de Juin, se retrouvent les talents de demain (ou d'après-demain), qu'ils travaillent en solo, en famille, en équipe ou encadrés...

 

Voici le petit édito écrit pour le catalogue 2019... Rendez-vous le 15 juin !

 

Rêves d'images...

 

Les hasards de la vie professionnelle m'ont amené, il y a quelques semaines, à présenter le matin un film à des enfants de CM1, et l'après-midi, un autre film, très différent, à des étudiants en master 2 (*).
Plus de quinze années séparaient ces deux publics, et pourtant, je devais me rendre à une conclusion : je n'avais pas à énormément varier ma présentation à ces deux auditoires si différents ! Bien sûr, il y avait certaines tournures de phrase, certains concepts, que je ne pouvais pas utiliser pour les "petits", mais en ce qui concernait l'analyse d'images pures, ou de séquences, mon discours était assez semblable. Et ce, pour une raison bien simple :  une image n'a pas d'âge. On pourrait même aller jusqu'à dire, qu'à force de voir des images, sur grand écran, sur téléphone, dans les publicités ou à la télé, les adultes sont surdosés.  Ils frôlent même la plupart du temps l'indigestion. 


Un enfant a, lui, les yeux plus ouverts et a moins de frontières. Une image lui parle autant qu'à un grand, et il la fait parler à sa manière, selon des ressentis qu'il découvre. L'adolescent se situe juste au milieu : il a les audaces de l'enfance, tout en apprivoisant, en pastichant parfois, les codes de l'adulte...
Voilà pourquoi "Brèves d'images" est si important. Depuis 7 ans, ce festival permet à une nouvelle géneration de proposer sa vision du monde, qu'elle soit ludique ou mélancolique, qu'elle soit dessinée ou archi-rythmée. Ces images, ces dialogues, ces musiques, assemblées ensemble, sont autant de fenêtres sur le monde  de demain. 


Chaque année, les débats des jurés de "Brèves d'images", chaque année, sont très animés.  Et deviennent parfois des délibérations d'après-minuit :) Sans doute parce que chaque film en compétition réveille en nous des souvenirs, des jeux parfois oubliés, des rêves ou des cauchemars. En un claquement de doigts, et grâce au mot magique "Action !", les jeunes réalisateurs nous font changer d'époque, et nous rendent complices de leurs créations.


Il y a quelques années, un journaliste interrogeait les créateurs de "Google" sur  ce qui avait eu le plus d'impact dans leur travail et notamment sur leur invention qui a changé le monde. Ils ont répondu : "Notre maîtresse de CM1".


Un célèbre psychanalyste, Carl Jung, a écrit un jour : "Les adultes ne doivent surtout pas rester des enfants. Ce serait puéril. Mais par contre ils doivent absolument apprendre à devenir comme des enfants...". Sous entendu : découvrir des façons de rester inventifs, constructifs, inattendus et imprévisibles, malgré les lourdeurs et les reponsabilités de la vie d'adulte.


A Quint-Fonsegrives, l'équipe mise en place autour de Béatrice Germain reçoit chaque année de plus en plus de films. Le succès est au rendez-vous. On croit souvent que tous les festivals marchent. Rien de plus faux ! Certains d'entre vous seront surpris d'apprendre qu'à Toulouse, il y a quelques années (en 1991), un grand festival de cinéma consacré à l'enfance  n'a tenu qu'une année. 


En art, rien n'est jamais gagné. Quelques soient leurs films, leurs idées, leur choix, je félicite tous les participants  de cette nouvelle édition "Brèves d'images", d'avoir joué le jeu, d'avoir osé montrer leur créativité, qu'ils soient en solo ou encadrés par des intervenants.
Terminer un film, aller au bout d'une démarche est en soi un succès et vaut tous les trophées du monde... 


Asssembler des images, les monter, parfois les enlever, est un processus complexe, qu'on ait 7 ou 77 ans... Faire un court, si vous me pardonnez ce jeu de mot, c'est souvent très long...


Pierre Gaffié


* A mon grand regret, le mot français "maîtrise", pourtant très beau, a été rayé de la carte du monde éducatif au profit.

 

 

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