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Regard sur le documentaire « Bang Hai Ja, passeuse de lumière » de François Chayé et Gérard Pangon

Dernière mise à jour : 20 janv.


Ce documentaire nous raconte le travail de l’artiste coréenne Bang Hai Ja sur les vitraux de la cathédrale de Chartres. Dés le début du film, on est captivé par le mouvement de son pinceau sur le papier froissé. L’apparence fragile et la voix douce de cette femme créent une atmosphère hors du temps qui suscite l’émotion.

Petit rappel : En 2018, la cathédrale de Chartres (en Eure-et-Loir) lance un grand concours pour restaurer les vitraux de la Chapelle Saint-Pia, qui jouxte le monument historique. C’est la coréenne Bang Hai Ja qui l’emporte. Calligraphe, peintre et poète, elle travaille dans une démarche spirituelle qui lie la nature, le Bouddhisme et le Christianisme. Elle mélange art oriental et art occidental, c’est un dialogue entre les cultures.

Bang Hai Ja est arrivée à Paris en 1961 pour faire ses études, elle avait 24 ans. Sa famille a beaucoup souffert en Corée de la domination japonaise et de la guerre, c’est ce qui lui a donné l’élan du départ. Son enfance nous est racontée sur des images d’archives et de beaux paysages de temples et de montagnes coréennes qui lui ont inspiré sa spiritualité.

Comme nous le précise le narrateur du film : « La paix qui émane de ces lieux, l’inspiration qu’elle y trouve, la méditation qu’elle pratique et le sentiment d’avoir un message à communiquer sur les valeurs spirituelles de la lumière influence profondément son travail ».



Esthétiquement le documentaire est très réussi, les cadrages par exemple sont très recherchés, il y a un joli travail de lumière qui met en valeur l’atelier et les tableaux de l’artiste. On rentre facilement dans cette histoire, touchés que nous sommes par le personnalité de Bang Hai Ja.

Ses tableaux sont organisés autour d’une source de lumière. Son travail en tant qu’artiste est de saisir cette lumière, de la mettre dans sa peinture, et de transmettre à ses spectateurs.

J’ai particulièrement aimé le passage où elle parle de l’irisation des couleurs qui amène la lumière, et où nous la voyons plier et froisser le papier, puis peindre les reliefs avec de l’encre. Le résultat est stupéfiant, et c’est cette magie de la création qui m’a fascinée.Comme le dit Bang Hai Ja : « c’est le pinceau qui crée le dessin ».




Pour ceux qui veulent aller plus loin dans la découverte de cette artiste, on peut préciser qu’elle a fait son premier vitrail en Corée en 2007.

Elle a pris goût à cette nouvelle matière et c’est ainsi qu’elle participera au concours de la cathédrale de Chartres en 2018. Dans ses vitraux on retrouve les cercles des rosaces historiques avec leur lumière et leur énergie.

Le public occidental en recherche de spiritualité apprécie le travail de la matière de Bang Hai Ja.

La création contemporaine dans un patrimoine historique permet à l’art de continuer à vivre et de ne pas rester figé. Et il serait passionnant de voir un film montrant le trajet inverse : une artiste occidentale offrant sa lumière à un édifice religieux asiatique.

La réalisation de François Chayé est en symbiose avec le travail de Bang Hai Ja : sobre et émouvante.



Critique de Alice Depersin

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