top of page

Le festival "Brèves d'images" à Quint-Fonsegrives, Haute-Garonne.

Parrain du festival depuis 2012, j'écris chaque année un édito soulignant la nécessité d'un festival de ce type. Voici celui de 2023

L’avenir au présent.

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi depuis 40 ans, le célèbre Georges Lucas n’a fait aucun autre film que « La guerre des étoiles » ? Ou pourquoi Jean-Jacques Goldman n’a plus enregistré de chanson depuis un quart de siècle ?

Sans doute car le succès statufie, qu’il donne moins envie, qu’il paralyse. Pourquoi se mettre en danger de décevoir ses fans, quand l’essentiel -le succès, l’impact social, la place dans l’histoire- est atteinte ?

Après tout dans le mot « décevoir », on entend aussi « voir ». Si on se fait moins voir, on ne risque pas de décevoir…

Mais c’est dommage, vous ne trouvez pas ?

« Brèves d’images », créé par Béatrice Germain, et animé par une équipe de passionnés, se situe à l’inverse de l’échelle du temps : pendant quelques jours de Juin, Quint-Fonsegrives accueille les promesses, pas les bilans. Des films qui partent dans tous les sens, qui parlent de nos 5 sens, sont proposés à un jury qui est au première loges pour découvrir la créativité d’aujourd’hui. Si on devait résumer le festival en un titre de film ce serait « Retour vers le futur », car, c’est certain, dans les films de la sélection 2022 se trouvent des artistes sur lesquel.les il faudra compter, car ils et elles savent conter.

Le week-end dernier, j’ai aidé ma belle-fille à monter une coiffeuse en kit, achetée chez un célèbre fabricant de meubles suédois. Pendant les deux heures de tergiversations sur les bonnes tailles de vis ou la clarté du dessin d’explication, j’ai eu le temps de « méditer ». Je me disais qu’au moment précis où nous montions ce meuble, il y avait 300 000 individus dans le monde qui montaient le même. Et ça m’a rendu triste. Car c’est un pareil au cinéma ou en musique. 6 ou 7 divertissements planétaires, les fameux blockbusters, calibrés jusqu’à la moindre vis de scénario, à la moindre cymbale de batterie sont envoyés chaque année au monde entier et réduisent la concurrence à un quasi-silence. L’industrie du divertissement laisse -quel paradoxe !- peu de place au doute.


Voilà pourquoi « Brèves d’images » existe, et que des festivals de cinéma continuent de se créer : pour que le parcours soit moins balisé, qu’on ne se retrouve pas tous à voir tous les mêmes films, sur les mêmes plateformes, via les mêmes algorythmes, ou en grignotant les mêmes pop-corns.

Sur le tapis rouge de Quint-Fonsegrives, pendant les projections, lors de la remise des prix, des prénoms, des noms, seront cités. On montera sur scène, on remerciera, et le public pourra, comme on dit, « mettre un nom » sur une oeuvre. Vous savez, ce n’est pas si fréquent : qui peut citer le nom du réalisateur de la plus grosse série à succès du moment : « Emily in Paris » ? Au plus haut niveau, c’est souvent l’anonymat qui guette, plus que la reconnaissance…

Alors bien sûr, la carrière cinéma de certains des jeunes participant.e.s à « Brèves d’images 2023 » sera peut-être… brève. Mais brève ça rime avec « rêve », et les rêves les plus courts ne sont pas les moins beaux.

Pierre GAFFIÉ








0 vue0 commentaire
bottom of page