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Entretien avec Richard Anconina : "Lévy et Goliath" de Gérard Oury


Il y a... très longtemps, j'ai interviewé Richard Anconina, à Toulouse, pour un magazine aujourd'hui disparu "Sortir". Les questions sont vintage et celles d'un journaliste débutant. Mais les voici... Pierre Gaffié

On vous a vu cette année dans « La Dernière Image », le film de Lakhard-Hamina. Vous avez prouvé, s’il en était encore besoin, qu’un vrai acteur pouvait tout jouer ! Avez-vous envie qu’on vous utilise davantage dans un registre, disons de « losers » de personnages antiphatiques également ?

Ce n’est pas ma préoccupation. Ma première préoccupation, c’est de raconter de belles histoires. Si je tombe sur une belle histoire avec un gars triste, paumé, et que j’ai envie de le faire, je le ferais ; bon mais la vie est courte, je pense qu’on a le temps de faire peu de choses et qu’il faut faire les choses qu’on considère les plus importantes. Et moi, ce qui est le plus important pour moi, c’est de faire rire !

Faire rire, et encore faire rire. C’est ma profession de foi. C’est ma religion, c’est ma vocation. J’ai le feu sacré de la connerie.

Quand avez-vous senti que vous aviez envie de plaire, de jouer la comédie, donc de faire du cinéma ?

Je crois que c’est un état d’esprit, cela peut arriver à quatre ans ou à quinze d’avoir envie de plaire. Je crois que j’en ai pris conscience à 26 ans, avant je n’y avais pas pensé. Par contre, peut-être qu’avant j’avais envie de plaire, envie de séduire, mais comme tout le monde. Mon boucher, mon boulanger (des noms, des noms !) ont aussi une forte personnalité, ils aiment faire rire et plaire.

Quand on vient parler d’un film le tournage est déjà derrière, quelquefois très loin, mais vous souvenez-vous de la scène dans « Levy et Gollath » qui a été la plus dure à faire. Celle qui a demandé le plus de soin et peut-être celle que vous avez refaite le plus souvent ?

Il y en avait beaucoup. Pas seulement pour le contenu, mais aussi en fonction de la technique, et de son importance. Quand on joue avec Michel la scène de la gare, où je viens le rejoindre à 7 heures du matin, et où je lui explique que j’ai passé la nuit avec Malika (Souad Amidou), il y a un travelling qui fait 17 mètres, il y a beaucoup de figurants, ça c’est difficile.


Est-ce que sur un film de comédie, l’ambiance est à l‘image du film, détendue, ou est-ce qu’au contraire ce ne serait pas l’inverse …

Vous avez complètement raison. Je crois que c’est presque l’inverse. Je pense que le mécanisme du rire est plus difficile à réaliser qu’un film dramatique ou les situations sont lourdes, sont désespérées. Dans un film dramatique, on a sa partenaire et on joue la scène. Point. Le problème du film comique, c’est que les techniciens qui sont là ne sont pas du tout spectateurs. Les ingénieurs du son ont tous un casque sur les oreilles, tous les techniciens font leur travail, ils connaissent la scène par cœur en plus. Donc, personne ne se marre. Ce qui se passe, c’est que cela prend sens ensuite dans le montage.

Il y a une question que j’aimerais beaucoup vous poser. Après le succès du film, beaucoup d’acteurs ont dit qu’ils avaient été contactés pour jouer dans « Trois hommes et un couffin » (où jouait Michel Boujenah). Vous aussi aviez-vous été contacté ?

Je fais partie de ceux-là et je le revendique !!! J’ai été contacté pour jouer dans « 3 hommes et un couffin » avec une dizaine d’autres acteurs. Mais j’ai refusé. Parce que ça ne me correspondait pas avec ce que j’avais envie de faire à ce moment-là. Mais je vous jure (sur la Bible ou le Coran), je vous jure que je ne regrette pas …

Dire que « Le couffin » aurait peut-être été joué par Depardieu, Ventura et Noiret … Que la vie est bizarre …

« LEVY ET GOLIATH » de Gérard Oury, avec Michel Boujenah, Richard Anconina et Souad Amidou.

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