Inconnu à cette adresse

 

CASTING
  • Marie Néplaz

  • Myriam David

  • Valérie Even

  • Katarina Lorieux

EQUIPE TECHNIQUE
  • Image : Philippe Guilbert

  • Son : Philippe Escanecrabe

  • Montage :

    • Eric Marion

    • Pierre Gaffié

LA VILLE AUX MURS DAUPHINS

Une histoire d'amour de l'architecture et d'architecture de l'amour ! Ainsi pourrait-on résumer l'histoire d'amour entre cet architecte rêveur et utopiste (Eric) et une fleuriste solitaire (Claire) et ayant abdiqué certaines ambitions après la naissance de son fils. Quelques heures avant de participer à un congrès d'architecture important, Eric reçoit la visite de Claire, venue lui apporter la plante qu'il avait commandée. Entre eux, une discussion pointilliste s'installe. Claire semble captivée par les dessins d'ERic, qui lui semble ébouriffé par la personnalité de Claire. Une photo sur le mur (un éclat d'iceberg) est le point d'orgue de cette discussion abrégée par un coup de téléphone. Claire décroche et apprend que son fils est hospitalisé en urgence. Elle s'en va. Eric va tout faire pour la revoir. En attendant, il part présenter un projet mondial fabuleux : les villes aux murs dauphins, initié en Australie. Les villes du futur seront plus douces...

RÉSUMÉ

 

 

A l'approche de la quarantaine, je voulais inventer une histoire qui refléterait vraiment mon état d'esprit : créer des personnages enthousiastes mais parfois bloqués, ou au contraire des gens seuls mais qui n'ont pas renoncé à leur rêves. Le scénario s'est posé peu à peu. Un matin, un facteur ou un livreur a sonné à ma porte, et, je ne sais plus pourquoi, je n'ai pas répondu.

 

Pendant plusieurs jours, je me suis demandé pourquoi, tout en me disant que ce serait un bon début de scénario. Comme les clichés veuillent que ce soit les femmes qui reçoivent des fleurs, je me suis dit que ce serait bien que dans mon cas, ce soit un homme. Puis j'ai pensé qu'il pourrait être architecte (pour pouvoir être chez lui, à l'heure du travail, et dans un grand espace). Puis j'ai imaginé cette rencontre amoureuse. Dans la première version du scénario (pendant un an !), Claire et Eric couchaient ensemble immédiatement, puis étaient séparés par le coup de fil de l’hôpital. Et mes amis lecteurs trouvaient ça très bien. Puis, je me suis ravisé, car l’instant sex était devenu une telle figure de style éculée que je ne pouvais pas m’en contenter. J’ai donc basculé l’histoire de cette homme et de cette femme sur le versant de la frustration, ou de l’attente.

 

Le projet de « murs dauphins » n’existe pas. Je crois avoir aperçu quelque chose de semblable dans le magasine (aujourd’hui disparu) « The box » édité par Real World (la maison de disque). J’avais noté cette idée dans un coin de ma tête sans imaginer que je pourrai l’intégrer dans un scénario. 5 ans après, je me suis documenté, et j’ai imaginé cette idée de mur magique qu’une petite australienne toucherait du doigt, en Australie, et qui représenterait la confiance envers le futur, grâce aux talents des architectes humbles (pas les stars à la Frank Gehry qui eux font presque toujours la même chose, même si les municipalités qui les paient grassement n’ont pas l’air de s’en rendre compte :)

 

Nous avons recréé l’Australie, près de Toulouse, à Ramonville St Agne, autour de cet étrange cube en bois, qui allait devenir le « Bikini », célèbre salle de concert, détruite par l’explosion d’AZF en 2001 et reconstruite en bord de canal du midi. Avec Lorena Acin, la décoratrice, nous avons inventé toute une signalétique (panneaux routiers, de construction, de chantier…) et, après une annonce dans « La dépêche du midi », nous avons réuni 100 figurants pour jouer les touristes, les architectes et les hôtesses australiennes. Certains avaient même apporté des peluches de kangourous !

 

Pour le choix de l’affiche de la conférence, je me suis inspirée d’une eau-forte de l’artiste Martine Relyveld, dont j’aime beaucoup le travail.

 

Le film a été tourné en 8 jours, dans une ambiance très agréable au début et très tendue à la fin. Des lieux qui nous ont été enlevés deux jours avant (le directeur du Sofitel de Toulouse nous avait reçu à bras ouverts, avant de dire non sans raisons l’avant-veille, tout en empochant son chèque…), les comédiens avaient parfois des indisponibilités, et tous les jours, je signais des chèques qui n’avaient pas lieu d’être et qui me mettaient en grand danger. Un jour, un étudiant a demandé à Truffaut comment il choisissait ses projets. Ce dernier a répondu : « Je regarde combien j’ai d’argent en caisse, et je choisis mon film en fonction… » .

Dans le cas de « La ville dauphins », je suis très vite tombé en banqueroute et il m’a fallu 4 ans pour sortir du rouge. Décaler une séquence jour en nuit (pour des raisons évitables) nécessite de trouver en urgence un groupe électrogène. Mais ce qui est facile pour « Taxi 6 » ne l’est pas pour un film intimiste et autoproduit comme « La ville aux murs dauphins », qui plus est tourné en pellicule.

 

La difficulté du film venait aussi du fait que personne dans l’équipe technique ne se connaissait, que moi non plus, je découvrais beaucoup des techniciens, et que j’étais « rouillé », n’ayant pas tourné depuis longtemps. J’ai ma part de responsabilité. Le comédien principal, Régis Lux, ne s’entendait pas vraiment avec moi, mais il ne me l’a dit qu’après. Il a été impeccable pendant le tournage, mais ce non-dit a sans doute pesé. Parfois une bonne mise au point (c'est le cas de le dire) est nécessaire, sinon on est dans le flou. Comme il jouait mon alter ego, la colère aurait pu être fructueuse, qui sait ? En tous cas, je sais qu'il l n'aime pas le film, ne s'aime pas dedans. Alors que beaucoup de spectateurs l'aiment bien dedans.

 

Et puis, la double casquette de réalisateur-producteur biaise le lien avec l’équipe. Mais il est le prix à payer pour l’indépendance parfois…

 

Après plusieurs sessions de montage (avec Ranwa Stephan, Estelle Babut-Gay, Pauline Casalis, Grégoire Pontécaille), le film a trouvé sa forme. J’ai rajouté un prologue avec des photos étranges de villes actuelles. C’est une sorte de prologue faussement documentaire, que certains spectateurs adorent et d’autres rejettent. Pourtant, dans la plupart des fictions aujourd’hui sommeille une part de documentaire (y compris dans « A bout de souffle » ou « Démineurs ») sans qu’on s’en émeuve plus que ça.

 

Nous avons fait le mixage au studio "Orlando" à Paris, avec Mélissa Petijean, une femme et une artiste exceptionnelle et qui a toujours été un "phare" pour moi dans la fabrication du film. Savoir que j'allais mixer avec elle me donnait confiance.

Une fois le film fini, il a connu sa première projection (en 35mm) à la Cinémathèque de Toulouse. (la région Midi-Pyrénées avait soutenu financièrement le projet). Pour beaucoup de mes proches voir sur (très) grand écran ce film dont ils avaient lu 8 versions et vu les rushs et les pré-montages sur un écran d’ordinateur était une expérience intéressante.

 

Le film a eu une belle carrière (deux prix internationaux, 68 sélections au total) et a été projeté à Winnipeg en première partie de « La sapienza » d’Eugène Green. Une vraie fierté. Le film est actuellement disponible en VOD sur « Univers Ciné ».

J’ai eu des retours négatifs, d’autres très positifs. Au festival de Hyères les Palmiers, la présidente du jury, Michèle Laroque a baillé à la fin, au moment que je trouve le plus émouvant. D’autres m’ont dit des choses merveilleuses (et sans arrière-pensées) sur le film. Je pense à Patricia de Roubaix (oui, la fille du compositeur) ou à des directeurs de cinéma. Ce sont des soutiens à l’impact inestimable pour un film si étrange, adulte, au milieu d’autres courts-métrages sans doute mieux faits, mais plus formatés. Un des rédacteurs de la revue « Bref » m’avait écrit pour me dire qu’il aimait beaucoup le film. Un an plus tard, je l’ai croisé par hasard et lui ai demandé s’il envisageait d’écrire dessus, et il m’a répondu quelque chose qui résonne encore : en fait, je me suis rendu compte que l’absence de références « cinéphiles » dans « La ville dauphins » le pénalisait. Alors que d’autres films, qui otn des clins d’œil à l’histoire du cinéma (ou l’histoire tout court) se prête plus à l’analyse. Je respecte cet avis, mais je suis en total désaccord.

 

« La ville aux murs dauphins » est un film contemplatif mais si on le regarde bien, il y a quand même beaucoup de radicalité, y compris dans les actes des personnages.

A PROPOS

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