Sans titre.png

entretien avec Magaly GODENAIRE

Vous considérez-vous davantage comme une actrice ou une comédienne ? Les émotions sont-elles différentes lorsque vous êtes sur une scène devant un public ou devant une caméra ? 

Je dirais comédienne. Bien évidemment parce que mon activité principale est le théâtre, c’est mon quotidien. Cette l’élaboration progressive pour aller vers l’objet final, le temps de sédimentation, les blocages, les blocages dépassés, et la construction. Au cinéma, c’est beaucoup plus instinctif. Ça passe ou ça casse, il n’y a pas le temps de réfléchir, tellement de paramètres à prendre en compte en même temps, toutes les couches en même temps.

Et moi, j’aime le temps long de la construction.

Sans titre1.png
Sans titre2.png

Vous avez joué dans plusieurs séries télévisées, est-ce qu'elles n’ont pas toutes un point commun ? La justice ? 

Oh oui vous avez raison ! Je n’y avais jamais pensé… C’est mon côté consensuel !!!!

Dans le film l’Hermine de Christian Vincent, vous jouez aux côtés de Fabrice Luchini, est-ce que c’était spécial de jouer avec cet acteur qui peut être extravagant ? 

C’était très intimidant oui bien sûr ! Mais comme c’est quelqu’un de très généreux, c’est aussi très agréable. Il prend en compte tout le monde, il est extrêmement ouvert et intéressé par les autres. Il aime être bluffé !

Est-ce que vous avez déjà pensé à écrire une pièce de théâtre ou le scénario d’un film ? 

Oui bien sûr. Je travaille à l’écriture d’un jeune public, en tous cas une adaptation avec un auteur. J’aime travailler sur des adaptations, sur des ré-écritures plutôt que sur des écritures originales.

Sans titre4.png

Qu’est-ce qui a été le plus dur à jouer : Shakespeare ou Racine ? Et pourquoi ? 

 

Sans hésiter Racine. C’est si intimidant de dire des alexandrins. Aucun moyen de s’en sortir si vous déviez de la pensée …


Est-ce qu'écouter de la musique ou lire des livres vous aide à préparer un rôle ?

Oui absolument. Surtout lire, beaucoup.

Est-ce qu'il vous est déjà arrivé de refuser un rôle ? Et pourquoi ? 

Ce devait être pour des histoires de calendrier, c’est mon plus gros problème. Je dis oui à trop de choses et après je ne sais plus comment m’organiser avec tout !

Comment arrivez-vous à entrer dans la peau d’un personnage, comme dans le film “La ville aux murs dauphins” où le personnage que vous interprétez est une femme qui n’a pas une vie facile, qui élève son enfant seule, qui a dû “abandonner” son rêve de devenir architecte, ses études pour pouvoir élever son fils ? 

A la première lecture d’un scénario ou d’une pièce, on a immédiatement des intuitions qui arrivent, des premières émotions. Comme un constat dans l’équilibre des compositions du personnage. Comme lorsqu’on rencontre quelqu’un, en somme…

Je dirais que j’essaye de ne jamais oublier ces premières sensations. Et puis le travail ensuite fait le reste, des relectures, des lectures d'autres choses, des témoignages glanés.

Pour « La ville aux murs dauphins », c’était beaucoup en relation avec mon partenaire, se laisser faire par la relation puis tomber quand la mauvaise nouvelle arrive.

Et pour finir, est-ce que vous pourriez nous donner une avant première sur un de vos futurs projets ? 

J’ai un projet de théâtre qui me tient vraiment à cœur : “La stratégie de l’émotion ”. C’est pour 2023 mais une préparation très en amont avec tout un tas d’étapes de travail, toutes plus passionnantes les unes que les autres. Le thème : comment notre rapport à l’émotion a changé au fil du temps et notamment en ce moment avec les nouvelles technologies.

Propos recuillis par Eva Marchais.

Propos recueillis par Pierre Gaffié 

J'ai vu pour la première fois Magaly Godenairesur scène