entretien avec Justine méry à propos de son film "Amar"

 

 

 Pouvez-vous vous présenter en quelques mots?

 

Je réalise des documentaires depuis quelques années maintenant et je travaille également dans l’évènementiel et dans l’animation. J’ai besoin d’expérimenter plusieurs choses et d’être multi-tâche. Cela me permet de nourrir mes documentaires.

 

 

 

 Pourquoi Amar ?

 

Amar est le pseudonyme de la travailleuse du sexe que je filme dans « Amar ». Pour des raisons personnelles, elle préfère utiliser ce prénom.

 

 

 

Comment vous est venu à l’esprit de traiter le sujet des travailleuses du sexe ?

 

À la base tout est parti d’un concours organisé par Arte «  Et Pourtant Elles Tournent ». Ce concours proposait à des femmes réalisatrices de réaliser un court-métrage documentaire entre 7 et 12 minutes maximum sur le thème «  Besoin de Personne ».

J’avais plusieurs idées de sujets en tête mais rien qui ne me tentait plus que ça. J’ai pensé à des travailleuses du sexe que je voyais pas très loin de chez moi dans leur camion dans la forêt pendant le confinement. Et je me suis demandée comment cela se passait pour elles durant cette période particulièrement étrange et j’ai eu envie d’en savoir plus sur leurs conditions.

 

 

 

Avez vous traité ces 3 sujets de films pour leur potentiel cinématographique ou était-il important pour vous de les traiter peu importe leur qualité cinématographique ?

 

Tout d’abord c’est un sujet que j’ai envie de traiter. Ce sont des personnes, des histoires qui me donnent envie de les filmer mais il est certain que lorsque j’ai filmé Robin il était important pour moi de montrer de beaux paysages de l’Espagne pour faire ressentir encore plus aux spectateurs que la marche a été salvatrice pour lui. Pour les Soeurs c’est l’histoire de Soeur Colombe et toute sa personnalité qui ont été un déclic mais lorsque je suis arrivée dans leur foyer, c’était d’une telle beauté que je ne pouvais pas passer à côté de ce lieu.

 

 

Pensez vous qu’un jour la vision sociale des travailleuses du sexe pourra changer?

 

C’est un métier qui a toujours existé et qui a toujours été stigmatisé..Avec « Amar » j’espère que les spectateurs pourront changer d’avis en la voyant…mais il est certain que si les choses changent catégoriquement un jour cela prendra énormément de temps.

 

 

 

Y’a t-il beaucoup de séquences coupées dans Amar ? Avez vous fait beaucoup de prises jusqu’à arriver à un résultat que vous jugiez satisfaisant ?

 

Le tournage d’Amar a été très rapide. Nous avons tourné en une journée. j’avais des contraintes de temps pour le concours d’Arte et il était compliqué de trouver une journée de tournage qui convienne à tout le monde et surtout la chambre d’hôtel que je ne pouvais pas avoir tout le temps comme je le voulais. Ce sont plus les scènes où Amar danse qui ont été un peu plus compliquées mais globalement tout s’est bien passé en temps et en heure. Avec Amar, on s’était rencontré avant et c’était fluide entre nous.

 

 

 

 

Vous est-il arrivé de puiser votre inspiration en allant au musée ou à des expositions ?

 

A vrai dire c’est rare, j’ai plus d’inspirations quand je vois des choses de mes propres yeux quand je parle avec des gens, quand je vais au cinéma.

 

 

 

Est ce que vous portez une montre ? La notion du temps a-t-elle une importance capitale dans votre vie professionnelle ?

 

J’ai une montre mais je la mets très peu..J’ai mon téléphone qui me permet de regarder l’heure. C’est important de regarder l’heure régulièrement quand je suis en tournage pour ne pas chambouler le plan de travail. Et en effet, la notion du temps est très importante en tournage, chaque minute est précieuse.

 

 

 

Si vous aviez une baguette magique quel film tourneriez-vous dans l’immédiat ?

 

Un documentaire que je souhaite faire depuis longtemps sur des jeunes qui partent marcher avec l’association Seuil. Pour des raisons budgétaires, il ne s’est pas fait.

 

 

 

 

En tant que femme que pensez-vous de la place de la femme dans le cinema ?

 

C’est encore compliqué je pense de trouver réellement sa place même si les choses avancent de plus en plus pour les femmes, fort heureusement.

Dans le documentaire il y a de plus en plus de femmes qui réalisent. En revanche dans le cinéma, si je ne me trompe pas, les hommes sont en majorité.

 

 

 

 

Le métier que vous exercez était-il celui que vous souhaitiez faire ? Si non quel était-il?

 

La réalisation de documentaire a commencé à m’intéresser il y a dix ans…j’y pensais sans y réfléchir réellement. Et c’est en travaillant en tant que technicienne en fiction que j’ai eu envie d’avoir mes propres projets.

Mais comme je le disais plus haut, j’ai besoin aussi de faire d’autres choses. En ce moment, j’ai envie de retourner dans l’animation et le social tout en voulant réaliser des films avec d’autres personnes.

 

 

 

Quel est le ou la cinéaste que vous admirez et pourquoi ?

 

Il y en a pleins. C’est toujours très difficile de choisir..

En France, j’aime beaucoup les films de Céline Sciamma. Elle a beaucoup de talents et elle ose parler de sujets délicats.

 

 

 

Certains films ne sortent plus au cinéma, ils sont seulement visibles sur Netflix. Qu’en pensez-vous ?

 

Je suis abonnée à Netflix mais je privilégie cette plateforme pour regarder des séries. Mon premier amour reste toujours le cinéma.

Le cinéma m’a particulièrement manqué pendant les confinements. Je trouve cela dommage que les gens aient moins envie d’y aller mais je peux comprendre aussi car les prix des séances ont vraiment augmenté.

En ce qui me concerne, il y a des films qu’on ne peut voir qu’au cinéma et pas sur les plateformes…

 

 

 Selon vous quel film culte ne mérite pas son succès ?

 

Il y a certains films qui sont culte mais que je ne souhaite pas voir pour le moment : )

Propos recueillis par Joana De Morais Machado