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Sandrine nicolas

 

 

 

         Pouvez-vous nous préciser votre profession ?

 

      Je suis artiste ! Et plus précisément, j'écris, je mets en scène et parfois même j'interprète.

 

    Qu’est-ce qui vous a amené dans le milieu artistique ?

    Le hasard. Il n'y avait personne autour de moi qui avait suivi cette voie. J'ai découvert le théâtre à l'âge de 6 ans en colonie de vacances.       J'ai joué avant même d'avoir été spectatrice. A l'adolescence je pratiquais le théâtre dans un cours amateur, ça prenait une grande place   dans ma vie sans que j'envisage d'en faire mon métier. A 20 ans, alors que je poursuivais des études de psychologie (je voulais être     psychologue pour enfants), je pratiquais le théâtre en semi professionnelle ; c’est-à-dire que je jouais avec une troupe, nous partions parfois   en  tournée mais sans être rémunérés. Avec ce spectacle nous avons remporté plusieurs prix et se fut une superbe expérience dans le théâtre.     J’ai donc à la fin de ma licence, passé les examens pour une école de théâtre et à partir de ce moment il m'est apparue comme une évidence     que je devais tenter de faire de ma passion un métier. Les artistes que je côtoyais m'ont beaucoup encouragée, soutenue.

 

 

    Et pourquoi spécifiquement le théâtre ?

    La rencontre avec le théâtre a été très forte. En effet comme je le disais plus tôt mon premier contact avec le théâtre je l’ai fait à 6 ans en       colonie de vacances. Plusieurs activités nous étaient proposées dont loto et théâtre, je détestais le loto donc par dépits j’ai choisi le théâtre avec   les plus grands. Je suis restée dans mon coin durant l’activité pour observer et j’ai tout bonnement adoré ! Quand je suis rentrée la première   chose que j’ai demandé à ma mère était de m’inscrire dans un cours de théâtre. Après quelques années, vers l’âge de 12 ans j’ai pu participer   à des cours.

    La première fois que j’ai vu une pièce de théâtre c’était avec mon école, à 14 ans, je m’en souviens parfaitement c’était le Hamlet de Patrice   Chéreau. C’était une mise en scène incroyable où le sceptre arrivait sur un véritable cheval sur scène ! La scénographie était époustouflante et   les acteurs étaient des grands noms du théâtre. Nous étions une classe de banlieue et je me souviens être restée totalement scotchée pendant les   trois heures et demie de spectacle.

    A partir de là le théâtre était pour moi quelque chose de tellement fort, tellement puissant qu’il a pris une grande place dans ma vie ;   L’adrénaline avant de monter sur scène, la partition qu'est un texte, et bien sûr, le plaisir indescriptible de plonger tout entière dans d’autres   vies que la mienne, chercher l'humanité dans des personnages fictifs, emprunter un autre rythme, une autre langue, un autre corps….

 Je pourrais aussi ajouter des paroles du directeur de l’école qui nous disait que ce n’était pas nous qui choisissions notre profession m’ais que   c’était elle qui nous choisissait. Et je crois que c’est ce qui m’est arrivé, c’est la scène qui m’a choisie.

 

 

    Ce sont plutôt les professionnels qui viennent vers vous pour vous proposer une pièce ?

    Jusqu'à présent, en tant qu'interprète, à part au tout début où j'ai dû passer quelques auditions, sinon c'est toujours le travail qui m'a   amené le travail. Je ne dirai pas que "les professionnels viennent à moi", je dirais plutôt que dans ce milieu, j'ai fait de belles rencontres et   que  certaines m'ont menées vers de beaux projets.

 

 

   Comment faîtes-vous la sélection de vos pièces dans laquelle vous voulez jouer ? Par le sujet, l’auteur ?

    Il y a différentes raisons qui m'amènent à accepter un projet. Le texte garde pour moi une très grande place dans mes choix, cette   nourriture pour l’acteur est essentielle, il faut une portée, quelque chose qui me touche et que je puisse transmettre au public. Une autre raison   étant que je pense y trouver ma place, à travers l’histoire ou encore avec la troupe. Ensuite j’attends que quelque chose me touche   profondément dans la démarche de l'auteur ou celle du metteur en scène. Et enfin, j'ai besoin, au vu de l'investissement que ça demande, que   l'aventure humaine en vaille la peine.

 

   Avez-vous le désire d’écrire un jour une pièce ?

    C'est déjà fait ! Je suis même éditée chez l'Harmattan avec KRIM, mon avant dernier spectacle.

 

 

    Pourquoi êtes-vous passée à la création ?

   Aujourd’hui ça fait 15 ans que je suis dans la création. Lorsque j’ai commencé à travailler dans le monde du spectacle, j’ai vite détesté   l’attente d’avoir des propositions de travail, donc durant mes périodes creuses, je me suis mise à écrire de plus en plus, pas seulement du   théâtre mais aussi des nouvelles ou même des poèmes. Et à un moment j’ai ressenti le besoin de faire quelque chose de concret de mes récits.   J’ai également pu découvrir ma propre créativité, mon écriture dramaturgique, ce que j’avais envie de raconter et comment le raconter.

 

 

    Quels ont été vos choix des comédiens dans vos créations ?

    Parfois je joue dans mes propres créations, le choix est donc assez rapide ! Mais sinon je choisis des comédiens que je connais et dont j'aime   le travail, qui humainement me correspondent car c’est difficile de monter un projet et il est nécessaire d’obtenir une harmonie. Il est   indispensable d’avoir une grande confiance entre l’acteur et le metteur en scène, je le sais très bien car j’ai eu les deux rôles dans ma vie.

 Ou alors, comme dernièrement pour un projet ou aucunes de mes connaissances ne correspondaient aux rôles, j’ai auditionné des gens. C’est l’occasion de rencontrer de jeunes acteurs.

 

 

    Mêlez-vous vos créations avec le chant et le kung-fu ?

      Ce sont des outils pour moi. J'ai cependant travaillé avec des chorégraphes grâce à "l'écriture kung fu" et j'ai aussi chanté dans des   spectacles. Quand je dis outils c'est que pour moi, autant en tant qu'interprète que metteuse en scène, il est important d'avoir un corps   travaillé et une voix libre. En effet, dans toute mes créations, il y a un rapport de la langue à la musique, pas tout à fait comme du chant mais   la voix doit être en parfait accord avec les sons ;

 rythmiquement il est nécessaire d’engager une harmonie. Dans le corps, je vais toujours travailler un état de corps ; Le corps d’un comédien   est primordial. Certain metteur en scène parle d’un sentiment, de l’aspect psychologique d’un rôle, de mon côté le corps travaillé raconte   l’émotion. Le corps est comme chorégraphier afin de transmettre tous les aspects de l’histoire. Je pense pouvoir donc parler pour le kung-fu et   le chant de vrais outils d’acteur.

    Quelles sont vos inspirations pour créer ?

    Etrangement, c'est rarement le théâtre qui m'inspire pour créer… du théâtre. Ce qui m’influence le plus dans l’écriture ou dans la mise en   scène ce sont la musique, la peinture, la photographie, la poésie, la vidéo… C'est sûrement parce que le théâtre, pour moi, est une   transposition onirique, poétique de la réalité que je puise donc ailleurs mon inspiration. Je pourrais ajouter que j’associe souvent une musique   ou un univers musical à un projet.

    Pourquoi proposer des projets artistiques et culturels en milieu scolaire, dans des centres sociaux et des conservatoires ?

    Pour moi cela fait partie du partage et de la transmission nécessaire. Ce sont souvent des moments forts, des rencontres bouleversantes. Cela   demande de s'investir à cœur ouvert mais le retour des jeunes, des adultes est souvent au centuple. C'est aussi l'occasion de révéler des talents,   des passions, de beaux moments de partage.

    Quel a été le lien entre Pierre Gaffié et vous ?

   Il m'a connu alors que je présentais le spectacle de sortie d'école de théâtre (école Claude Mathieu). Après cela, il m'a proposé de passer   l'audition pour un court métrage dont il était producteur : Si les étoiles exaucent nos vœux, Réalisé par Sébastien Bailly. Une expérience de   tournage étonnante car nous avons tourné de nuit pendant 10 jours, sur un parking de supermarché à Brive la Gaillarde de 22 heure à 8   heure du matin, autant dire que ce ne sont pas des tournages que l’on fait tous les jours ! J'ai également, quelques années après, fait une   chronique dans son émission Oblique sur Fréquence Protestante.

    Quelles sont les pièces qui sont mémorables pour vous ?

    Encore une fois le Hamlet de Chéreau reste incroyable, une véritable claque que je me suis prise à 14 ans ! Je pourrais ensuite citer des   metteurs en scène que j’adore tel que Jean-Michel Rabeux, David Lescot, Pauline Bureau ou encore Angélica Liddell où chaque spectacle est   une réelle aventure pour moi.

    Quelle est la chose que vous faîtes avant une représentation ?

    Je respire ! Plus sérieusement j'essaie de trouver les moyens de me recentrer avant le grand plongeon et suivant les rôles, les moyens sont   différents. Il y a aussi cette histoire de chansons dont j’ai parlé plutôt, J’ai aussi tendance à écouter la musique afin de me plonger totalement   dans mon rôle et de m’imprégner au maximum de l’univers de la pièce. Ma journée en représentation est beaucoup rythmée par mon rôle ;   j’adapte la manière de m’habiller, mes activités et ma façon de pensée.

    Avez-vous un souvenir qui vous a marqué dans votre carrière ?

    Difficile d'en choisir un parmi toutes les expériences vécues. Dernièrement j'ai travaillé sur une adaptation de Phèdre mise en scène par   Jean Michel Rabeux. Phèdre était interprétée par Claude Degliame, une actrice à la carrière immense, une sublime femme de plus de 70 ans.   J'ai rarement vu autant d'humilité, de volonté de recherches et de travail chez quelqu'un. A chaque représentation elle m'a étonnée,   bouleversée. C’est un souvenir inoubliable pour elle, Jean Michel et Nicolas Matel et Eram Sobhani mes autres partenaires. Un des plus   beaux spectacles dans lesquels j'ai joué.

    Quel est votre livre préféré ?

    J'ai des auteurs préférés mais un seul livre c'est difficile. Peut-être citerais-je un livre qui m'a tant suivie et inspirée : Le ciel me brûle de   Marina Tsvetaeva. C’est un recueil de poèmes dont les pages de mon exemplaire sont toutes volantes tant je les ai tournés.

     Avez un porte-bonheur, un grigri que vous gardez lors des représentations ?

    Oui, mon gri-gri c’est mon texte. Je l’ai toujours dans mon sac et ça malgré que je le connaisse par cœur ! Si j’arrive au théâtre sans mon   texte il y a comme un moment de

Actrice

Georgia italique est une police délicate et s’inspire de la calligraphie. Elle permet de mettre en valeur une petite section de texte dans un paragraphe. (avis Pierre sur rencontre)