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L'HOMME AUX BRAS D'OR

PRÉPARATION

"L'homme aux bras d'or" est ma première expérience en vidéo. Le sujet s'y prêtait assez bien puisqu'il s'agissait d'un faux reportage (un peu dans la veine de "Strip Tease") sur un type un peu pathétique, le chef-applaudisseur de Michel Drucker, l'un des dix plus grands en Europe dans sa catégorie.

 

Pendant près de quinze jours, dans une solitude assez forte, j'ai écrit, biffé, repris mes idées, toutes gravitants sur le thème de l'applaudissement. Ma première option était de faire un faux reportage où l'on verrait des écoles d'applaudisseurs pour show TV aux USA. N'importe quoi pour faire de l'argent...

 

D'ailleurs, quand je suis arrivé à Canal Plus, pour présenter la chronique cinéma (voir menu "nature"), j'avais été abasourdi de constater que la chaîne, ma chaîne, disséminait dans le public des spectateurs payés (300 francs de l'émission) pour rire et applaudir aux blagues des animateurs. Passons...

 

Mais, peu à peu, j'ai eu envie de rassembler toutes mes envies d'écritures autour d'un personnage fictif, qui recevrait une équipe TV pour parler de sa célébrité. A 41 ans, il est devenu le chef applaudisseur personnel de Michel Drucker... Je me suis complètement laissé aller (je ne pensais pas être retenu par C+) en glissant quelques allusions personnelles (bien cachées) et en me défoulant sur cet homme à la fois sympathique et invraisemblable.

Le nom du personnage -Jean-Marc Faillant- était d'ailleurs une mini vendetta autour d'un type qui draguait un peu trop ma fiancée de l'époque.

 

FABRICATION

Le principal enjeu quand on décide de faire un film aussi décalé et reposant entièrement sur les épaules d'un comédien est précisément... de le trouver. Le hasard m'a facilité les choses... C'est en voyant "Delphine 1, Yvan O") de Dominique Farrugia que mes yeux se sont éclos en voyant un type sortir son clairon en accueillant ses enfants sur le pas de sa porte. Je me suis immédiatement dit que ce serait lui. Sur le générique de fin, j'ai noté son nom (Luc Gentil) et l'ai contacté tout bêtement via les pages jaunes.

 

Il me connaissait un peu (via les chroniques de Nulle Part Ailleurs) et a très vite répondu favorablement suite à l'envoi su scénario. Pour l'anecdote, Luc (un acteur merveilleux) faisait à l'époque des voix-off pour l'émission "Fa Si La Chanter" et, d'une certaine manière, était plongé dans les monts et merveilles de la télé...

 

Je suis allé passer un week-end chez lui, près de Laroche-Migennes pour préparer le tournage, répéter, affiner le texte et choisir les vêtements que porteraient Jean-Marc Faillant. Même si j'apprécie d'être entouré, conseillé, il m'est assez difficile de déléguer et j'aime faire à cent pour cent ce qui m'incombe ou... peut m'incomber.

 

Philippe Guilbert a accepté de faire l'image et j'ai réuni une partie de l'équipe de "La théorie de la relativité", en pouvant cette fois çi, les payer confortablement. Il y avait donc Sophie Laloy (preneuse de son), Michaël Barre (perchiste) et Céline Breuil, scripte.

 

Le choix de la comédienne principale (qui ne prononce pas un mot dans le film, une des constantes dans mes scripts) m'avait été conseillé par Françoise Fognini, alors directrice de casting. Son conseil concernait "La théorie.." mais je l'ai finalement appliqué pour "L'homme aux bras d'or".

 

Le jour du tournage, j'étais lessivé par la préparation et il a fallu le génie comique de Luc Gentil pour me permettre d'être totalement aux manettes. Il m'était difficile de ne pas pouffer en le voyant et si j'avais suivi certains conseils, en une demi-journée le tournage était bouclé, tant la performance du comédien principal était fantastique.

 

Je revois encore Philippe Guilbert lors de la pause déjeuner me demandait si je voulais encore faire quelque chose.

 

Note à tous les cinéastes : on peut TOUJOURS faire autre chose. Il vaut mieux galérer 6 mois et faire une dépression de 3 jours (car on ne sera jamais content du résultat de toutes façons) que l'inverse...

 

Nous avons donc repris le tournage en insistant sur quelques séquences spécifiques, en les hachant, alors que tout (sur le papier) poussait au plan séquence. Quoiqu'il en soit, le soir même le tournage était fini.

 

 

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