Helena EDEN

Vous avez été comédienne dans « La nuit se lève » et avez enregistré plusieurs voix de narration pour « Constance ou la symphonie des baisers » et « Canevas de libellules »… Pouvez-vous nous parler de ces expériences artistiques aux côtés de Pierre Gaffié?

 

J'ai rencontré Pierre par un ami commun, et nous avons tout de suite accroché. Depuis, je suis ses projets de près ou de loin, et lui en fait de même. C'est donc avec grand plaisir que je viens le soutenir lorsqu'il a besoin d'une voix off ou d'une figuration. Ces expériences ont été un réel plaisir, Pierre a toujours fait en sorte que les tournages soient à la fois amicaux et professionnels. 

Quel a été votre parcours étudiants, puis vos premiers pas professionnels ?

 

J'ai d'abord été à la fac, où j'ai obtenue une licence en Droit français Droit anglo-américain. J'ai ensuite découvert le théâtre aux cours Cochet pendant un an, puis aux cours Acquaviva. Après avoir travailler sur quelques courts métrages, j'ai joué avec un ami (Bernard Havette) dans sa pièce inspirée des textes de Prévert ("Inventaire"). Je suis maintenant au théâtre de la porte saint martin dans la mise en scène d'Alain Françon ("Avant la retraite" de Thomas Bernardt), pour laquelle j'ai pu l'assister pendant quelques temps.

Vous êtes une comédienne bilingue (anglais-français). Y a t’il des paramètres très différents dans la manière de penser un personnage, selon ces deux langues, que ce soit au théâtre ou au cinéma ?

 

Oui et non. Je travaille en soi avec le même corps pour les deux langues. Pourtant je ressens bien qu'il y a une différence : bien entendu la diction est différente, la posture est différente, la réflexion n'est pas la même, le personnage Anglais ou Français doit être également vu selon son environnement, donc il y a à mon sens une différence. Pourtant, le fond est toujours le même, quelque soit la culture, si quelqu'un pleure, il pleure, si quelqu'un rit, il rit, et la langue n'a rien avoir avec ça.

Extrait d’une pièce inspirée de « Inventaire » de Jacques Prévert

Même pour des « petits » rôles, et a fortiori pour des grands, y a t’il des moments, dans la préparation où trop de détails, trop de recherches peuvent nuire à la spontanéité du jeu ?

 

Je ne pense pas que trop de recherche nuise à la spontanéité du jeu. Lorsqu'elle se fait sur le plateau, en mouvement, ce n'est que bénéfique. En revanche, lorsque que la recherche se fait à la table, cérébralement, sans action, effectivement, cela peut nuire à la spontanéité même si cette recherche est évidemment nécessaire, surtout lorsque le contexte du film ou de la pièce est complexe.

Y a t’il un.e comédien.ne dont vous vous sentez proche, pourquoi pas pour ses opinions sociétales ou tout simplement dans sa manière de mener sa carrière ?

 

Je pense tout de suite à Gérard Depardieu, qui est un esprit libre et se fout de ce qu'on pense de lui. Il vit comme peu vivent, hors du temps et de ses normes. Ses rôles sont à son image : il est généreux, tout en prenant soin de son silence. Je connais peu de comédiens de sa trempe.

Pensez-vous, comme l’a dit le cinéaste Michel Gondry, qu’il est plus facile de dire « I love you » que « Je t’aime » pour un français ? Et que l’exotisme d’une langue peut aider à se « lâcher » ?

 

Je ne sais pas, c'est vrai qu'il y a un côté déconnant d'un français qui dit "I love you", c'est vrai qu'on y croit moyen. Mais si je dis "I love you" à un anglophone, c'est une autre histoire. Tout dépend de la personne que l'on a en face de soi. Et tout dépend si on en a le courage...

Helena Eden c’est un pseudo ?

 

Eh non! Merci papa!

Quels sont les 3 films qui vous ont le plus marquée ?

 

Sans trop y réfléchir, sinon on y serait pour des heures, je dirais :

Captain Fantastic de Matt Ross, avec Viggo Mortensen, un film magnifique sur un père de famille qui élève ses enfants dans la nature, loin de la société et de ses normes.

Earthlings, un documentaire sur la maltraitance animale qui m'a convertie au végétarisme du jour au lendemain.

La vie est belle de Franck Capra, avec James Stewart, que mon père m'a fait découvrir il y a quelques années et que je me remet tous les ans, un vrai bonheur.