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TWENTY METERS OF LOVE IN MONTMARTRE

PRÉPARATION

FABRICATION

Le tournage du film s'est étalé sur trois jours au tout début Janvier. Paradoxalement, dans ces moments d'intense créativité, on passe souvent des réveillons solitaires, ce qui fut mon cas. Comme si je souhaitais être totalement dans le film. Début Janvier, en lumière extérieure et naturelle (ce que je souhaitais par dessus-tout, car je crois que le cinéma n'est pas fait pour les effets spéciaux) le temps de tournage est limité : à 16h 30, on plie tout.

 

Les quatres personnages féminins du film ne se parlant pas, nous pouvions être assez libre de nos mouvements même si (c'est le principe du film) il y en avait forcément au moins deux dans la même séquence.

 

J'ai découvert Marie Néplaz (la femme qui ouvre et clôt le film) au moment où j'avais presque abdiqué... En feuilletant un vieil annuaire professionnel, quelques jours avant le début du tournage, je me suis arrêté sur sa photo noir et blanc. Les cheveux courts, le regard profond, elle m'a immédiatement fait penser à l'actrice Dominique Laffin.

 

En quelques minutes, j'ai appelé son agent (nous étions 3 jours avant Noël) qui l'a miraculeusement trouvée, et, vingt minutes après l'avoir découverte en photo, je lui parlais. Le choix de Myriam David (la deuxième femme) s'est fait lors d'un casting où nous n'avions pas du tout accroché. Il y avait de l'électricité (pour quelles raisons ?) dans l'air. Mais à la fin de la journée, j'ai dit à Sylvie Audcoeur, mon assistante, que Myriam serait très bien... Mystère des choix. Pour les curieux, Myriam apparaît dans le clip d'une des plus belles chansons de Lloyd Cole ("From the hip"). Dans mon film, elle dégage quelque chose de très sain, de très simple. L'un de mes plans préférés est celui (visible sur ce site) où un panoramique gauche-droite balaie les toits de Paris et la montre assise derrière son chevalet.

 

J'avais rencontré Valérie Even lors des auditions de fin d'année de son école de théâtre. Depuis 1996, elle a joué dans maintes pièces et a un bagage comique inouï. C'était déjà frappant dans ses auditions. Katarina Lorieux (aujourd'hui Katarina Marx) était à l'époque une mannequin très demandé, ce que j'ignorais. Il y a une image dans "4 Couleurs rouge" (où elle joue aussi une mannequin) que j'aime énormément : celui où face caméra elle a un oeil dans son caméscope et l'autre vers nous. Je ne crois pas qu'une femme uniquement "belle" aurait pu transmettre ce qui se dégage chez elle deux secondes... Katarina est aujourd'hui productrice de documentaires, notamment du film "Au-delà de la haine" sorti en 2006 en salles.

DIGESTION

Même s'il s'agissait d'un film de mécénat de 5', j'ai toujours été un peu frustré de mon travail sur "4 Couleurs Rouge"... Il manquait du temps, dans la préparation comme dans les journées de travail ! Lors de la projection au Ciné-Cités des Halles, il était évident que la beauté plastique du film accentuait l'enthousiasme de ceux qui devinaient mon propos, mais ne suffisait pas à atténuer les réserves des autres. En fait, l'occasion était (trop ?) belle pour moi de saisir la chance inouïe de pouvoir montrer mon travail à une grande marque (Gemey) ce qui aurait pu me faire basculer dans leurs réalisateurs de pubs ou de films institutionnels. Il y avait d'ailleurs le tout-Paris de la pub lors de la remise des prix. Mais au fond de moi (c'est un peu la symbolique du diable et de l'ange dans les bulles de B.D) je ne voulais pas faire un film "efficace" qui ne ferait que montrer des belles femmes et des beaux décors. Je tenais à une base sousterraine plus métaphysique ou les sentiments seraient pudiques, voire réprimés, avant d'exploser dans les dernières images quand le personnage d'Alice découvre le dessin qu'a fait d'elle une inconnue.

 

La plupart des pubs joue sur l'immédiateté, et "4 couleurs rouge" travaille plus en profondeur... Ce n'est ni une publicité, ni un film institutionnel, mais une variation sur la beauté féminine en 5 minutes sans un mot et avec une caméra. Catherine Rose, qui avait initié ce concours "Gemey Maquill'art" était venue au montage, et m'avait confié qu'elle aimait sincèrement le film. Ce qui était aussi pour moi une manière de la remercier de m'avoir fait confiance. Je pense que "Quatre couleurs rouge" repose sur une idée émotionnelle forte -dont la transcription visuelle doit énormément à la photographie de Philippe (Guilbert)- et qu'il pourrait servir de base à de futures publicités autour des femmes. J'ai d'ailleurs rencontré la direction artistique de L'Oréal, il y a quelques mois, en ce sens...

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